Les fonctionnaires, un peu moins mobilisés qu'en novembre 2007, maintiennent la pression
à Amiens aussi ...
Après la journée d’action du 20 novembre, la mobilisation du 24 janvier confirme l’ampleur du mécontentement et des attentes des personnels de la Fonction publique en matière de salaires, d’emploi et de missions.
Ce mouvement rencontre l’adhésion majoritaire de l’opinion.
PARIS (AFP) vendredi 25 janvier 2008
Les fonctionnaires, et en particulier des enseignants, ont été un peu moins nombreux jeudi qu'au mois de novembre à faire grève et à manifester pour les salaires et l'emploi à l'appel de la quasi-totalité de leurs syndicats, tout en maintenant la pression.
Le ministère du Budget et de la Fonction publique a annoncé un taux de grévistes de 24,8% en fin de journée dans la fonction publique d'Etat (qui représente la moitié des 5 millions de fonctionnaires), contre un peu moins de 30% il y a deux mois, sur les mêmes mots d'ordre.
Par ailleurs, 9% des agents des collectivités territoriales ont fait grève. Dans les hôpitaux publics, 10,2% ont cessé le travail, sans compter les soignants se déclarant partie prenante de la mobilisation mais tenus de travailler.
Des manifestations ont drainé 217.000 à 400.000 personnes (selon les chiffres respectifs de la police et de la CGT), là aussi moins que le 20 novembre.
Dans l'Education, un secteur qui supporte la moitié des 22.900 suppressions de postes prévues en 2008, la grève était suivie par 34% des personnels (39% le 20 novembre) selon le ministère.
La FSU, principale fédération d'enseignants, a recensé 55% de grévistes dans les collèges et lycées (58% en novembre) et son secrétaire général, Gérard Aschieri, a estimé que la mobilisation était "un succès".
Pour l'ensemble des fonctionnaires d'Etat, la CGT a compté 40% de grévistes (contre 45%).
A Lyon, Marseille, Grenoble, Caen, Le Havre, Le Mans, Nantes, Nice, Lille, banderoles et pancartes interpellaient un président "bling-bling" : "Sarko arrête ton show, donne-nous des euros!". Quelques salariés du privé - General Motors et Bugatti à Strasbourg ou Airbus à Saint-Nazaire - se sont parfois mêlés aux cortèges, à l'appel de FO, la CFTC et Solidaires.
A Paris, entre 17.000 (police) et 35.000 personnes (syndicats) ont défilé entre Bastille et Saint-Augustin, en présence des leaders de la CGT, Bernard Thibault, de FO, Jean-Claude Mailly et de la CFDT, François Chérèque.
Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth, qui a jugé le mouvement "totalement inutile", a annoncé vouloir proposer le 18 février aux syndicats une augmentation du point d'indice - base de calcul aux traitements - pour 2008. Il a toutefois réaffirmé sa volonté de mettre en place un mécanisme de garantie individuelle du pouvoir d'achat, rejeté par les fédérations syndicales.
"Notre demande, c'est que la négociation s'ouvre avant le 18 février, une date bien trop lointaine", lui a rétorqué Jean-Marc Canon, de la CGT-Fonction publique, l'une des sept fédérations à l'origine du mouvement (avec la CFDT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFTC) qui prévoient de se retrouver vendredi matin pour faire le point.
Grève unitaire et manifestations dans la Fonction publique
Jeudi 24 janvier 2008
à l’appel unitaire des fédérations de fonctionnaires :
Pour l’augmentation générale des salaires
Contre les suppressions de postes dans l’éducation
POUR L’AUGMENTATION GENERALE DES SALAIRES
CONTRE LES SUPPRESSIONS DE POSTES PREVUES AU BUDGET 2008
- 31 postes administratifs pour l’académie d’Amiens
Le Comité technique paritaire ministériel réuni à Paris le 21 décembre dernier
a révélé la répartition par académie des suppressions de postes administratifs prévues au budget 2008.
Nous savons en effet, depuis la communication du projet de budget de la mission « enseignement scolaire »
fin septembre
par le ministre Darcos, que la saignée des emplois de l’administration scolaire et universitaire
continuera en 2008 :
- 600 postes seront supprimés dans le programme « soutien »
(120 pour le ministère de l’éducation nationale, 480 pour les rectorats, inspections académiques…) ;
- 400 postes seront supprimés dans le programme « second degré » (EPLE, CIO…).
Pour l’académie d’Amiens :
- suppressions prévues au 1er juillet 2008 dans
les
services académiques : -
11 postes
Au recteur de répartir ces retraits d’emplois sur le rectorat et les trois inspections académiques.
- suppressions prévues à la rentrée 2008 dans
les EPLE, CIO… :
-
20 postes
Au recteur de trouver 20 établissements scolaires ou CIO pour supprimer un emploi, ou bien 40 EPLE ou CIO pour retirer un demi poste.
Soit au total, pour l’année 2008 : - 31 postes administratifs
!
La plus importante diminution d’emplois dans la filière administrative depuis le début des mesures de retrait d’emplois,
depuis 2002.
A la lumière de ces suppressions, on commence à comprendre un peu mieux ce que signifie la formule « travailler plus ».
Avec moins de personnels, avec beaucoup moins de personnels même, nous devrons continuer à assumer les missions
quotidiennes du service public.
A noter pour notre académie :
- la création de 4 postes d’enseignants du premier degré
- la suppression de 359 postes d’enseignants du second degré
- la création de 9 postes de personnel infirmier (300 créations nationales financées par la suppression de 300 postes de maître internat/surveillant d’externat)
- la suppression de 19 postes de MI/SE.
Le recteur réunira les représentants des personnels IATOSS le mercredi 23 janvier pour un groupe de travail académique
relatif à l’emploi IATOSS pour l’année 2008 ; il y exposera notamment ses propositions de répartition ; puis le Comité technique
paritaire académique « second degré » devrait être réuni le lundi 28 janvier à 14h30.
La question qui se pose est désormais la suivante : combien de temps allons-nous encore supporter cette lente et régulière destruction
de l’administration scolaire et universitaire, préfigurant sans doute, à terme, la fin de l’administration de l’éducation nationale
parmi les missions du service public de l’Etat ?
Le Snasub académique
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Manifestations unitaires en Picardie
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dans l’Aisne : à LAON à 10h00
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dans l’Oise :
à BEAUVAIS à 14h30 |
dans la Somme :
à AMIENS à 14h30 |
Cette année qui démarre risque d’être, sinon l’année de tous les dangers, au moins l’année de
multiples combats, rassemblant salariés et retraités du public et du privé.
Salaires, emploi public, précarité, école, université, statuts, retraites, assurance maladie, droits du
travail, libertés publiques…, la liste est longue des motifs de lutte.
Car, aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de défendre ce que l’on appelle les acquis mais de sauvegarder
les systèmes de solidarité que notre société a construits depuis la Libération et en même temps répondre aux défis
qui sont ceux de notre époque.
Dès ce 24 janvier nous avons l’occasion d’agir une nouvelle fois pour peser.
Car, si la forte mobilisation du 20 novembre 2007 a contraint le gouvernement à ouvrir une négociation salariale,
les propositions qui ont été faites par le ministre chargé de la fonction publique ne sont pas acceptables tant
sur la forme que sur le fond. En effet, le gouvernement refuse d’accorder une mesure générale de revalorisation
du point d’indice, seule à même d’assurer un réel maintien du pouvoir d’achat pour l’ensemble des agents de la
fonction publique.
Au contraire, il persiste à faire entrer dans le maintien du pouvoir d’achat des mesures individuelles de promotion
(glissement vieillesse technicité), ce qui revient à nier le principe même de déroulement de carrière. Ces
pseudo négociations portent atteinte aux principes même de la négociation collective des salaires dans la fonction
publique pour les remplacer par une individualisation des rémunérations.
Les mesures de gestion des ressources
humaines annoncées dans le cadre de la réforme des politiques publiques heurtent également de façon
frontale les fondamentaux du statut général de la fonction publique et vont contribuer à amplifier les suppressions
d’emplois déjà massives, notamment dans l’Education.
Alors ce jeudi 24, manifestons plus, pour gagner plus et pour plus et mieux de service public !
La FSU départementale
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Voeux
aux fonctionnaires : un marché de dupes Prétendant répondre au « malaise des fonctionnaires », il promet en fait de pérenniser les choix qui en sont la cause : suppressions massives d’emplois, mécanismes qui tirent le pouvoir d’achat de tous vers le bas, remise en cause des garanties collectives et des statuts…. Il continue à proposer aux fonctionnaires un marché de dupes où ils échangeraient une dégradation de leurs conditions de travail et une réduction de l’efficacité des services publics contre des mesures salariales limitées et inégalitaires. Tout en reconnaissant le rôle des services publics dans la compétitivité, il continue à les considérer d’abord comme les responsables principaux des déficits publics et non comme un indispensable investissement. Ignorant la réalité de la fonction publique ou la caricaturant, il maintient les choix fiscaux et financiers qu’il a faits a priori et il ignore les attentes et les revendications que les fonctionnaires ont exprimées massivement, notamment dès la grève du 20 novembre. Cela renforce, pour la FSU, la nécessité de réussir la journée nationale de grève et de manifestations du 24 janvier.
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