grève nationale réussie !

Les taux de grévistes et les perturbations mardi, secteur par secteur

 

Communiqué FSU
Paris le 20 novembre 2007
Un succès significatif

La journée d'action du 20 novembre a été marquée par une grève réussie avec des taux significativement supérieurs aux derniers mouvements et par des manifestations partout importantes (plus de 70 000 participants à Paris, 30 000 à Bordeaux, 60 000 à Marseille, 20 000 à Rennes, 10000 à Pau etc..).

Elle constitue un indéniable succès qui exprime avec force les attentes et les revendications des personnels. Le gouvernement doit en prendre la mesure et répondre sans tergiverser aux exigences portées par le mouvement. Les premières déclarations des ministres concernés ne sont pas à la hauteur de la force du mouvement et de ses attentes.

La FSU proposera à ses partenaires de décider rapidement d'autres initiatives d'action si le gouvernement continue de refuser d'apporter les vraies réponses.

et à Amiens aussi !

L'énorme démonstration publique

La manif d'Amiens était grandiose, du jamais vu : 10.000 selon les RG

Ce véhicule devançait le cortège de l'Education et les syndicats de la Fsu, nous étions au volant !

             

et voilà ce que l'on voyait devant, dans nos phares   

 

Et voici ce que l'on voyait derrière nous ...  

 

Impressionnant !   

de quoi rendre un adminitratif heureux, même en colère !  

 

et jusqu'au soir !

 

 

Les fédérations de la Fonction publique, CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, SOLIDAIRES, CFTC appellent tous les agents des trois versants de la Fonction publique 

(Etat, territoriaux, hospitaliers) à faire grève, à se rassembler et à manifester le 20 novembre 2007 (jour du vote du budget à l’Assemblée Nationale) dans toute la France, sur des exigences en matière de salaires, d’emploi public, de défense du service public, de ses missions et du statut de la Fonction Publique

 

Communiqué 

issu de la réunion des fédérations de l'éducation du 23 octobre 2007

 

Tous en grève le 20 novembre prochain !

Les 7 fédérations de la fonction publique qui se sont réunies le 22 octobre sont très vite arrivées à un accord pour une journée nationale de grève et de manifestations le 20 novembre 2007 (c'est le jour du vote du budget à l'EN)

Communiqué des organisations syndicales de la Fonction publique

 

Modernisation 

édito Convergences du n° 132 d'octobre 2007 
Le service public a la charge de faire face à d'immenses besoins sociaux, sans cesse croissants : santé, logement, éducation...
Ce sont des missions pérennes, mais aussi en nécessaire développement.
Les politiques qui depuis vingt-cinq ans s'attachent à réduire le déficit de l'Etat en comprimant la dépense publique ont échoué. Non seulement le déficit augmente, mais les besoins sociaux ne sont pas satisfaits et le pouvoir d'achat diminue. 

A l'inverse, la spéculation génère pour certains d'énormes profits.
Si le service public a besoin d'être réformé, c'est dans le sens où il doit être développé, pour assurer le présent et préparer l'avenir, notamment par l'investissement en matière d'éducation et de recherche, qui certes ont un coût.
Au lieu de cela, la voie tracée par les propos du Président et de ses ministres ouvrent la voie à un grand saut en arrière : moins de missions pour le service public, moins de personnels pour les assurer, moins de masse salariale, davantage de précarité, le contrat à la place du statut.
Comment dans ce cadre la croissance économique pourrait-elle être au rendez-vous ?
Plus que jamais, la mobilisation des personnels mais aussi des usagers est nécessaire pour défendre le service public et lui donner les moyens dont il a besoin.     

Pierre BOYER - Snasub/Fsu

Les grèves et manifestations de novembre secteur par secteur

 

 

 

 

Appel de la coordination nationale universitaire des 10 et 11 Novembre 2007

Un service public de l’enseignement Supérieur et de la Recherche, des moyens de vivre et un statut pour tous 
Grève et Manifestations le 20 Novembre 
Les organisations syndicales soussignées de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche se félicitent de l’appel unitaire à la grève le 20 novembre des fédérations de la Fonction Publique : CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, SOLIDAIRES, CFTC. 

Rien dans les propositions du gouvernement ne répond aux deux revendications essentielles : pouvoir d’achat et emploi public. Les dernières mesures annoncées en matière de pouvoir d’achat sont dérisoires (contenu, nombre d’agents concernés), alors que les personnels exigent un rattrapage, une revalorisation du pouvoir d’achat pour tous et une refonte globale de la grille indiciaire. Face aux exigences d’un service public de qualité et de proximité, répondant aux besoins de toute la population, basé sur des emplois publics statutaires, le Premier Ministre affirme: « Moins de services, moins de personnels, moins d’Etat ». La suppression de plus de 22 000 postes dans le projet de budget 2008 porte atteinte au service public et aux débouchés de nombreux étudiants. 
Avec le Pacte Recherche et la loi « Libertés et Responsabilités des Universités », avec un budget 2008 sans création d’emplois de titulaires pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, le gouvernement dispose déjà de moyens pour mettre en place cette politique et entraîner ce secteur dans la généralisation des contrats précaires et de statut privé (CDD, CDI) et dans une concurrence sans limite. 

Loi LRU, une attaque contre les universités 
La loi « Libertés et Responsabilités des Universités » n’apporte pas de réponse aux besoins du service public, identifiés de longue date par la communauté universitaire et ses organisations représentatives concernant notamment l’avancée de la connaissance, le rapprochement dans un système homogène des diverses formations supérieures, la démocratisation de l’accès aux études et la réussite des étudiants. Cette loi est un précurseur des intentions du gouvernement pour le reste de la Fonction Publique. Un des premiers textes d’application présentés généralise le travail étudiant dans les universités. L’opposition à la loi LRU et à la politique universitaire du gouvernement, amorcée dès juin par des votes de motions dans les conseils d’administration, se traduit par un large mouvement de mécontentement – Assemblées Générales, grèves, manifestations – au moment où les projets de révision des statuts des établissements montrent combien la démocratie et la collégialité sont altérées. 

… et contre les organismes de recherche 
En même temps, est confirmée la volonté gouvernementale de démanteler les organismes de recherche. Avec un rôle limité à celui d'élaboration des politiques scientifiques. Le CNRS 
agences de moyens, ils perdraient leur rôle d'ilet les universités ont des rôles et responsabilités communs et complémentaires. S'est nécessaire de redéfinir et d' élaborer démocratiquement leur coopération – notamment en matière de cotutelle des UMR –, cela ne doit en aucun cas résulter de choix autoritaires du seul pouvoir politique. L’évolution nécessaire du CNRS ne saurait conduire à le démanteler. La transformation du CNRS en des instituts mono-disciplinaires coupés des universités serait sclérosante, sa dilution brutale dans les universités serait source de graves dysfonctionnements. 

Des choix budgétaires désastreux Les choix budgétaires pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche sont désastreux. Aucun recrutement supplémentaire n’est prévu alors que c’est une condition indispensable à l’amélioration de la réussite en licence. Le projet de budget 2008 renforce aussi considérablement la part des financements de la recherche sur projets (essentiellement par l'
ANR), tout en actant une stagnation des crédits récurrents des unités. Comment alors assurer le développement d’une recherche dans tous les domaines de la connaissance ? De plus, une part importante des moyens est consacrée au crédit-impôt-recherche, sans contreparties notamment en matière d’embauche. Enfin, aucune réponse n’est apportée à la précarité des personnels et des étudiants, la priorité étant donnée aux recrutements sur CCD, aux bourses au mérite et aux prêts étudiants. 
Pour toutes ces raisons, les organisations syndicales soussignées de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche appellent les personnels et les étudiants à participer à la journée de grève, de rassemblements et de manifestations du 20 Novembre avec tous les autres fonctionnaires. 
Organisations signataires : FSU (SNESUP,SNCS,SNETAP,SNEP,SNASUB);CG T (SNTRS); UNSA (SNPTES,A & I,Sup‘Recherche);SOLIDAIRES (Sud-Recherche-EPST);UNEF
Intégralité du texte de l'appel intersyndical Sup Recherche

le 14 novembre 2007

Communiqué du Snasub - Fsu
Le Snasub est solidaire des étudiants et des personnels mobilisés contre la loi "Libertés et Responsabilités des Universités" adoptée le 10 août 2007, pendant les vacances universitaires 

le 14 novembre 2007

Grèves solidaires

le 14 novembre 2007

Les grèves de 1995, les mobilisations sociales de 2003, le « Non » de 2005 au Traité constitutionnel européen, ont contribué à freiner en France la contre-réforme libérale qui l’a emporté partout en Europe. Aujourd’hui, Sarkozy et son gouvernement veulent faire de la grève des cheminots et du mouvement dans les universités un test. S’ils parviennent à les briser, ils espèrent avoir les mains libres pour faire passer au pas de charge le train de réformes annoncé sur le droit du travail, sur le système de santé, sur la protection sociale.

 

Ils engagent pour cela une bataille d’opinion visant à diviser et opposer ceux qui se lèvent tôt à ceux qui sont supposés se prélasser sur le mol oreiller de l’assistanat, le secteur privé au secteur public, les méritants aux récalcitrants, les étudiants studieux aux insoumis. C’est pourquoi l’offensive gouvernementale commence par la remise en cause des régimes dits « spéciaux » présentés comme un privilège contraire à l’égalité, mais elle se poursuivra par l’augmentation pour toutes et tous de l’âge de la retraite, par la privatisation des services de santé et des assurances contre la maladie et la vieillesse, au détriment de la protection sociale par répartition.

 

Les cheminots ne luttent pas seulement pour défendre un droit à la retraite obtenu à la Libération en raison de la pénibilité de leur travail. Ils luttent aussi, comme les employés du métro, les postiers, les électriciens, les personnels de santé, les enseignants, pour défendre ce qui reste de service public contre la concurrence débridée de tous contre tous. La défense de la solidarité sociale passe au contraire par un partage du temps de travail sans perte de salaire, par le maintien du droit d’accès à la retraite égal dans le privé et le public, tenant compte de la pénibilité du travail, par un retour aux 37,5 annuités pour tous.

 

En soutenant les mobilisations des salariés, la communauté universitaire ne fait pas seulement acte de solidarité. La loi mal nommée d’autonomie des universités ne les soustrait aux tutelles étatiques que pour mieux les soumettre à la dépendance des marchés et aux besoins des entreprises privées. Elle engage une logique de démantèlement de l’enseignement supérieur public, d’augmentation des droits d’inscription des étudiants, de fragmentation du corps enseignant, de subordination aux lois de la concurrence et aux caprices du marché du travail. Elle signifie une attaque en règle contre le droit à l’étude et contre l’espace public d’éducation.

 

Tels sont les enjeux de la bataille sociale engagée.

 

C’est pourquoi, non seulement nous nous déclarons solidaires de la grève des cheminots et des universités en lutte, et manifesterons à leur côté, mais nous contribuerons du mieux possible à une mobilisation d’ensemble et à une convergence de ces luttes pour la journée de grèves du 20 novembre dans la Fonction publique.

(signatures à envoyer à solidarite-greve@club.fr)

 


Aux Usagers des Services Publics
Le statut des fonctionnaires est une garantie pour chaque citoyen

Plus de démocratie dans les Services publics
Le Service public n’appartient ni à l’État, ni aux fonctionnaires. Une véritable démocratisation
associant les usagers et les personnels reste à construire. C’est à eux,
avec les élus du peuple de débattre des missions, des résultats, des améliorations,
des organisations et des évolutions. C’est d’un fonctionnement plus démocratique
dont les usagers et citoyens ont besoin, et non d’un retour de l’arbitraire.

VOILÀ POURQUOI, LE 20 NOVEMBRE, NOUS SERONS EN GRÈVE !

4 raisons de faire grève le 20 novembre prochain   4 raisons de faire grève le 20 novembre prochain   4 raisons de faire grève le 20 novembre prochain 

 

En Picardie
Déclaration des organisations syndicales :
UD-CGT 80, UNSA, FSU 80, UNEF, SOLIDAIRES
Ensemble, Public / Privé Après le 18 octobre 2007
Amplifions la mobilisation
       
Manifestations académiques du mardi 20 novembre 2007

dans la foulée de la première démonstration de force du 18 octobre dernier !

 

AISNE OISE SOMME
10h 00

Rassemblement

devant le Lycée Paul Claudel

Place Foch à LAON

 

15h 00

Rassemblement

Place du Jeu de Paume

à BEAUVAIS

 

14h 30

pour les personnels de l'éducation nationale

Rendez-vous devant l'Inspection Académique rue Germain Bleuet

puis jonction avec les manifestants 

des autres secteurs 

15h 00

Rassemblement Place de la Maison de la Culture

à AMIENS

 

Que nous propose sarkozy pour augmenter notre pouvoir d’achat ?

Augmentation des salaires en 2007 à lire !!!!

206% pour Sarkozy et 0.8% pour nous : le compte n’y est pas !

  

Tous dans la rue le 20 novembre 

pour notre pouvoir d’achat et l’emploi public!

 

dernières Infos...

L'UPJV Amiens Vote la Grève et le Blocage 
Deux AG ont eu lieu ce mardi 13 novembre sur l'UPJV, rassemblant 1600 personnes.

La première a démarré à 11h30 dans l'amphi 600 au Campus, rassemblant les facultés de Philo-SHS, Lettres, Histoire-Géo. 
Presque 1000 présents, le vote de la grève et le blocage dès 17h00 a été voté à 95% des présents.

La deuxième AG a démarré vers 12h30 dans l'amphi 400 du centre ville. 
Cette AG regroupait les facultés de droit, Eco-gestion, sciences, Maths-Info et Arts. Ils n'ont pas voté le blocage, mais la grève !

 
Etat de la mobilisation dans les universités jeudi 15 novembre
Point effectué par la FSE Paris : 37 facs en grève avec blocage

 

             Augmentation des salaires et pouvoir d'achat

 

L'ouverture des négociations salariales dans la fonction publique s'est soldée par la sortie des fédérations de fonctionnaires ; comme l'a expliqué G. Aschieri pour la FSU«Ces annonces constituent clairement une fin de non-recevoir opposée aux demandes unanimes des organisations représentatives et consacrent sans ambiguïté une nouvelle perte du pouvoir d'achat de la valeur du point d'indice s'ajoutant aux plus de 6% de pertes accumulées depuis 2ooo».

 

Le Président de la République se voit proposer une augmentation de 140% de sa rémunération après les augmentations considérables des ministres en 2002 (pour éviter le recours aux fonds secrets).

 

De même, le budget de l'Elysée va tripler en 2008 parce qu'il «s'agit de faire la transparence sur un système pervers de mise à disposition des ministères» !

 

Le scandale EADS confirme le dévoiement de centaines de millions d'euros à l'heure ou les prix des produits de première nécessité augmentent (alimentation, loyer, transport...)

 

Rien n'y fera, les revendications dans ce contexte ne peuvent que s'affirmer dans la grève et les manifestations en novembre :

- augmentation des salaires,

- défense des retraites,

- contre les suppressions de postes.

 

Le 20 novembre s'annonce comme un succès : poursuivons !

 

Convergences Syndicales du Snasub/Fsu d'Amiens de Novembre 2007

 

Défense individuelle et mobilisations collectives

 

Les JT cassent la grève



Télé  Les 13 heures et 20 heures sont sur le pied de guerre contre le mouvement social.

A chaque grève son héros. En 1968, ce fut Daniel Cohn-Bendit. En novembre 2007, c'est dit, ce sera Jean-Pierre Pernaut, présentateur du 13 heures de TF1 et farouche défenseur de la veuve et de l'usager torturés par les grévistes privilégiés. Depuis lundi, Pernaut bout. Il grommelle, fait des mines et lève les sourcils. Certes, il est comme ça, Pernaut, mais tous les JT sont de la partie, accumulant les poncifs, balayant la pédagogie, relayant sans barguigner la parole gouvernementale. Au point que, chez les grévistes, on se met à virer des AG télés et journalistes. Récit d'une semaine de JT de grève.

 

La galère

Je suis… Je suis… Top : je suis un bâtiment de guerre, long et étroit, à un ou plusieurs rangs de rames en usage dans l'Antiquité… Je suis ? La galère, bien sûr. Les JT n'ont que ce mot-là à la bouche, entendu des dizaines de fois. Lundi, au sommaire du 20 heures de France 2, «galères en prévision». Quelques instants plus tard, c'est «une journée galère» qui se dessine. L'image est la même mardi sur TF1 à 13 heures : «Pour demain, prophétise Pernaut, on nous annonce du mauvais temps partout avec de la neige, du froid, de la pluie et du vent, un jour de galère donc pour des millions d'usagers des transports en commun». Tandis que son collègue PPDA débite de la «galère en perspective». Pas raté : dans la nuit de mardi, «la galère a commencé» sur i-Télé. Chez les voyageurs, très étonnamment, c'est la galère, ainsi que la perspicace Audrey Pulvar de France 3 le remarque : «Quelle galère !» On relèvera cette fine analyse par un anonyme jeudi de la situation des transports : «Entre le métro où c'est regalère et le train où c'est galère-galère».

 

L'usager

Et qui rame dans la galère ? Point de «voyageurs» ou de «passagers», mais, systématiquement, des «usagers», masse grondante et floue. A la télé, ils sont rois, victimes «résignées» (selon PPDA) de la grève «dure, dure surtout pour les usagers», clame David Pujadas, en ouverture du 20 heures de France 2 mardi. Et on le défend, l'usager. Ainsi Jean-Pierre Pernaut fulminant jeudi : «Troisième jour de galère pour les usagers qui, eux, n'ont pas le choix et doivent travailler jusqu'à 65 ans, et tous les matins.» Car, souligne-t-il mardi à l'appui de sa ligne éditoriale, «plusieurs sondages viennent confirmer l'hostilité des Français à cette nouvelle grève».

Alors on tend sans cesse le micro à l'usager afin qu'il puisse, sans crainte ni honte, s'exprimer. Plaintif : «Y en a marre, on nous prend en otage, qu'ils aillent prendre l'Elysée en otage !» (France 2, mardi à 20 heures). Revendicatif : «Faut que la France se rende compte qu'il y a des réformes qui doivent être faites» (même JT, même chaîne). Menaçant : «On va aller voir les grévistes, on va leur taper dessus» (TF1, mercredi à 20 heures). Parfois, l'usager s'organise : ainsi l'Association des usagers des gares a-t-elle eu droit à trois reportages en deux jours sur TF1 ! Emporté par son enthousiasme, PPDA annonce que l'association vient de se créer «face à cette nouvelle grève». Et qu'importe si, dans le reportage, on apprend qu'elle existe depuis 17 ans… Quand il est étudiant, l'usager devient un «antiblocage», en opposition aux «bloqueurs». Là aussi, il s'organise contre les grévistes, désignés par Jean-Pierre Pernaut sous le patibulaire vocable d'«individus» (qui ont bien mérité une volée de CRS à matraque). Chez l'antibloqueur, en revanche, «les points de vue sont nuancés» (Pernaut, toujours). Et «les étudiants distribuent des tracts, qu'on soit de gauche ou de droite». Pas grave si l'un d'eux, interrogé par la suite, est encarté à l'UNI, le très droitiste syndicat étudiant.

 

La débrouille

Surtout, l'usager est débrouillard. A chaque édition de chaque JT, une nuée de sujets sur «mon usager, mon plan B» ou, variante, «la famille Usager s'organise». Dimanche soir sur France 2, on filme une femme qui achète des mandarines sur un marché. Commentaire du journaliste : «Le plein de vitamines avant une semaine qui s'annonce très sportive.» Lundi et mardi, les JT alternent les reportages entre vélo, fidèle compagnon de l'usager, et covoiturage. Mercredi soir, dans un même élan, tous nos courageux usagers dorment dans les endroits les plus hétéroclites : les salariés d'un hôtel à l'hôtel («largesse d'un patron compréhensif» pour TF1 et «l'hôtelier sympa Bruno qui accorde une faveur à son personnel» sur France 2), des infirmières à l'hôpital, et, trouvaille de la Deux, des employés d'une agence d'événementiel… dans une yourte sur le toit du bureau. Ils en sont tellement contents chez France 2, de leur yourte, qu'ils y sont revenus jeudi !

 

Quelle grève ?

Au fait, c'est quoi, cette grève ? Qui ne s'est informé que devant les JT de la semaine n'en a aucune idée. Les journaux s'entament tous par un sujet sur le trafic, poursuivent avec nos usagers usés, quelques réactions gouvernementales ou syndicales de pure forme, mais d'explication du mouvement, point. Ou si peu. Ou si mal. Outil favori : la comparaison. Lundi soir, France 2 aligne un chauffeur de la RATP face à une conductrice d'une société privée à Rennes. Laquelle juge que «les conditions de la RATP en conduite et en stress sont pires que les nôtres». Sauf que Pujadas a d'emblée planté le décor : les deux «font le même travail». Le même soir, PPDA fait son pervers. «Revenons sur les revendications des grévistes», susurre-t-il avant de balancer un sujet en forme de foutage de gueule qui compare les cheminots d'aujourd'hui avec ceux du début du siècle dernier, à grands renforts d'images en noir et blanc de charbon qu'on enfourne dans la bête humaine ! Le lendemain, c'est un conducteur de la RATP que suit TF1. Son salaire ? 2 300 euros. La Une le donne en brut, ça fait plus.

 

Porte-parole

«La mobilisation syndicale se heurte à la volonté très claire du gouvernement de créer un système plus équitable de retraites, c'était dans le programme de Nicolas Sarkozy, il a été élu en partie pour ça.» Non, ce n'est pas du François Fillon, ni même du Xavier Bertrand, mais du Jean-Pierre Pernaut, ministre du 13 heures de TF1. Ça suinte de tous les sujets, de la hiérarchisation des JT, des mots choisis : la télé roule contre la grève. «La France peut-elle être réformée ?» se désespère Laurent Delahousse dimanche sur France 2. Quant à l'ineffable Jean-Marc Sylvestre, mercredi à 13 heures sur TF1, il sait : «Les syndicats ont compris que l'opinion publique ne les suivrait pas dans leur opposition systématique à une réforme in-con-tour-nable.» Et celle-là : «Notre obsession, c'est que les usagers soient le moins pénalisés par cette grève.» Non, cette fois, ce n'est pas un aveu de PPDA, de Pujadas, ni même de Pernaut, c'est du Fillon. Depuis une semaine, des millions de téléspectateurs – cinq millions pour Pujadas, sept millions pour Pernaut, près de dix millions pour PPDA – entendent les JT et le gouvernement leur parler le même langage en stéréo.

 

RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS

QUOTIDIEN : samedi 17 novembre 2007

 

Point sur les Universités au 19 novembre 2007

 

41 universités totalement ou partiellement en grève avec piquets de grève bloquants

Paris I (site de Tolbiac), Paris III, La Sorbonne, Clignancourt Paris IV, Paris VII, Paris VIII Saint Denis, Paris X, Nanterre, Paris XIII Villetaneuse, Rouen, Tours, Caen, Nantes, Rennes II, Toulouse II le Mirail, Toulouse III Rangueil, Pau, Perpignan, Aix–Marseille I (sites d'Aix et Marseille), Lyon II, Montpellier II, Montpellier III, Lille III, Limoges, Brest, Le Havre, Bordeaux I, Bordeaux II, Bordeaux III, Amiens, Angers, Metz, Nancy II, La Rochelle, Dijon, Grenoble III, Orléans, Reims, Saint Etienne, Valenciennes, Poitiers, Arras

Le Snesup (syndicat majoritaire chez les enseignants chercheurs) appelle, à partir de vendredi 16 novembre, à la tenue d'AG de personnels afin de voter la grève.

Lundi 19 novembre, au moins 6 nouvelles universités ont rejoint la grève avec blocage : 

Clignancourt Paris IV, Paris VII, Rennes II, Poitiers, Bordeaux I, Arras (+le site de Marseille d'Aix en Provence). 

La moitié des universités est désormais en grève avec blocage. Et la liste va s'allonger demain avec des
piquets bloquants annoncés à Rennes I, Clermont, Besançon, Toulouse I, Lille I 

Optimistes, les syndicats tablent sur "une forte mobilisation"."On a de bons échos" car "les collègues relèvent la tête et se disent, si on n'agit pas, on n'aura rien", affirme Gérard Aschieri (FSU), précisant que dans l'éducation, la possibilité d'une école sur deux en grève n'était pas exclue.

 

PARIS (AFP) lundi 19 novembre 2007

Les huit syndicats de fonctionnaires se préparent à une grève pour les salaires et contre les réductions d'effectifs pour mardi, alors même que la poursuite de la grève à la SNCF et la RATP durant le week-end pourrait faire converger les deux mouvements.

 

Optimistes, les syndicats tablent sur "une forte mobilisation"."On a de bons échos" car "les collègues relèvent la tête et se disent, si on n'agit pas, on n'aura rien", affirme Gérard Aschieri (FSU), précisant que dans l'éducation, la possibilité d'une école sur deux en grève n'était pas exclue.

Le mot d'ordre de grève concerne l'ensemble des 5,2 millions agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriaux, hospitaliers). Des manifestations auront lieu ce jour là à Paris et en province.

Les syndicats, ont-ils rappelé vendredi lors d'une conférence de presse, exigent "l'ouverture immédiate de négociations salariales" pour obtenir "une augmentation de la valeur du point d'indice" (qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires) et "une refonte globale de la grille salariale".

"Tous les secteurs de la Fonction publique seront touchés", ajoute Jean-Michel Nathanson (Solidaires). Ainsi, les syndicats de l'Education, des Impôts, des douanes ou des hôpitaux publics ont déjà appelé spécifiquement à la grève.

S'ils n'obtiennent aucune avancée à l'issue de cette journée, les organisations syndicales ont d'ores et déjà prévu de se retrouver le 21 novembre au soir, pour "envisager les suites" du mouvement.

La probabilité de faire grève en même temps que les cheminots, si la grève à la SNCF et la RATP n'était pas finie mardi, est appréciée différemment d'une organisation à l'autre.

Pour Jean-Marc Canon (CGT), "s'il y a coïncidence des dates avec le mouvement de grève dans les transports, c'est parce que le gouvernement aura pris le risque de ne pas répondre aux revendications des salariés". "Ces luttes ne s'opposent pas", a-t-il ajouté.

"S'il y a convergence de mouvements, on fera avec, tout en affichant clairement les revendications des fonctionnaires", renchérit Gérard Noguès (FO).

Le 18 octobre dernier, la CGT, FO, la FSU et Solidaires avaient appelé à se joindre à la grève des cheminots, ne mobilisant que 8% des effectifs de la fonction publique.

Mais pour Elisabeth David (Unsa), "il est hors de question que les deux mouvements se mélangent. Nous tenons à un mouvement spécifique pour être entendu".

"On a la responsabilité de montrer le mécontentement des fonctionnaires. Il faut se concentrer sur cette visibilité", ajoute Eric Fritsch (CFDT).

Sur le fond, il rappelle notamment qu'en 2007, les fonctionnaires "ont perçu leur unique augmentation salariale le 1er février", avec une hausse du point d'indice de 0,8%.

"Mais l'ensemble des protagonistes de l'époque se souvient très bien que cette augmentation avait été accordée (...) au titre du rattrapage de l'inflation pour l'année 2006", a-t-il précisé. "Il est faux d'affirmer, comme le fait le gouvernement actuel, que les fonctionnaires ont eu une augmentation salariale au titre de 2007".

Et les mesures "ciblées" proposées fin octobre par le ministre de la Fonction publique Eric Woerth, considérées par les syndicats comme "du saupoudrage", n'ont fait qu'ajouter de l'huile sur le feu.

De même, l'annonce au cours de l'été, de la suppression de 22.900 postes de fonctionnaires

 

Alors que les agents de la RATP et les cheminots entament mardi leur septième jour de grève consécutif contre la réforme des régimes spéciaux, les fonctionnaires cesseront à leur tour le travail et manifesteront dans toute la France contre les suppressions de postes, la réforme de la Fonction publique, et pour exiger l'ouverture de négociations salariales.

 

La grève qui touchera tous les secteurs de la Fonction publique promet d'être fortement suivie, notamment à l'Education nationale où Xavier Darcos table sur un fonctionnaires sur deux "au travail", tandis que le SNUIpp, principal syndicat des instituteurs, annonce 65% d'enseignants en grève dans les écoles.

 

La Poste, les Impôts mais également le trafic aérien devraient être perturbés. La Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) s'attend à des perturbations pour les aéroports d'Orly et de Marseille, et Air France annonce une modification du programme de ses vols intérieurs au départ et à l'arrivée d'Orly pour mardi en début de matinée, sans plus de précisions.

La DGAC soulignait lundi que si aucun préavis de grève spécifique aux contrôleurs du ciel n'a été déposé, ces personnels dépendent de la Fonction publique.

 

Des manifestations sont prévues dans toute la France. A Paris, le cortège partira à 14h de la place d'Italie pour se rendre jusqu'à l'Esplanade des Invalides.

Les organisations de lycéens et d'étudiants ont appelé à se joindre à la mobilisation et on devrait également compter des cheminots dans les cortèges, et des agents de la RATP dans le défilé parisien.

 

Mais la plupart des syndicats excluent, pour l'heure, toute "jonction" entre les différents mouvements - sauf dans l'Enseignement où les fédérations disent suivre "de très près" ce qui se passe du côté des étudiants - d'autant plus que la grève des fonctionnaires est prévue pour ne durer qu'une seule journée.

 

Les fédérations de la Fonction publique ont prévu de se revoir dès mercredi soir pour décider des suites et à la Fédération syndicale unitaire (FSU), on souligne que "le calendrier d'éventuelles actions ne dépendra pas de l'évolution de la situation sur le front des régimes spéciaux, même si on peut se sentir solidaire".

   

La FSU plaidera, lors de cette rencontre, pour de nouvelles actions "avant les vacances de Noël".

"Il y a effectivement une concomitance des mouvements sociaux qui est le fruit de l'attitude du gouvernement. Cette concomitance ne nous dérange pas. Chacun travaille sur son terrain revendicatif. Pour nous, ces luttes ne s'opposent pas mais nous ne souhaitons pas une jonction pour la jonction", a expliqué lundi à l'Associated Press le secrétaire général de la CGT-Fonction publique Jean-Marc Canon.

 

Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth a assuré de son côté lundi qu'il souhaitait "réussir" avec les syndicats un accord salarial" dans la Fonction publique, qui n'en a pas eu "depuis dix ans".

Le ministre a toutefois réfuté sur France-3 les arguments des syndicats "qui disent: 'On a perdu 6% sur le point d'indice. Mais sur l'ensemble d'une feuille de paie, il y a une augmentation en moyenne de 3,5% par an tous les ans depuis six ans", polémique récurrente depuis dix ans entre les syndicats et les différents gouvernements.

 

"Le gouvernement ne nous propose toujours aucune négociation. Nous n'avons d'ailleurs toujours pas eu de contact à la veille de la grève. Et il semble croire qu'il y aura juste un mouvement de colère qu'il convient de laisser passer", a déclaré à l'Associated Press le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri. Et pour lui, "c'est sous-estimer le mécontentement qui règne parmi les agents".