Le mardi 25 novembre dernier s’est tenu à Amiens un troisième groupe de travail « métier » relatif à la réforme de la carte comptable académique. Présidé par le secrétaire général d’académie, nous y avons pris connaissance du projet rectoral c'est-à-dire de la carte comptable cible ou carte comptable théorique.
L’autorité rectorale nous a donc communiqué un projet global de réorganisation sur l’académie, département par
département, avec le détail des EPLE et services mutualisés rattachés aux agences comptables maintenues. Elle nous a également informé des premières mesures à mettre en œuvre pour atteindre cette carte cible, notamment celles qui devraient prendre effet le 1er septembre 2009.
1/ La carte comptable cible : le projet rectoral
L’académie d’Amiens compte actuellement 70 agences comptables pour 263 EPLE soit une moyenne de 3,76 établissements par agence. Le projet rectoral vise à diviser par deux le nombre de ces agences, en fixant un objectif à atteindre de 37 regroupements comptables. La moyenne académique serait alors de 7,11 établissements par agences, de 7,77 si on intègre les services mutualisés dans le calcul (1 service mutualisé = 1 EPLE).
Les documents font état également de la masse financière par agences comptables. Le projet vise à multiplier par 2 la masse financière des groupements dans l’Aisne (+100%) et dans l’Oise (+92,86%) et à l’augmenter des ¾ dans le département de la Somme (+72,73%), soit une progression académique de + 89,19%. De ce point vue également, nous pouvons dire que le projet rectoral vise à supprimer 1 agence comptable sur 2.
2/ Les mesures envisagées pour la rentrée 2008/2009
(cliquez sur les
images)
Des premières mesures de réorganisation sont prévues pour la rentrée prochaine.
Dans le département de l’Aisne : - 2 agences comptables (2 mono agences)
- Le Collège Jacques Cartier de Chauny (mono agence) perd la qualité d’agence comptable et est rattaché au groupement basé au Lycée Jean Macé de Chauny
- Le Lycée Professionnel Françoise Dolto de Guise (mono agence) est rattaché à l’agence comptable de l’EREA de St Quentin.
Dans le département de l’Oise : - 4 (dont 2 mono agences)
- Le Collège Louis Bouland de Couloisy (mono agence) est rattaché à l’agence comptable du Lycée Mireille Grenet de Compiègne, qui perd la Cuisine centrale au profit du Lycée Charles De Gaulle de Compiègne ;
- Le Collège André Malraux de Compiègne perd la qualité d’agence et est rattaché au Lycée Charles De Gaulle de Compiègne, avec le Collège de la Vallée du Matz de Ressons. Le Collège de Marly de Ribécourt Dreslincourt est rattaché à l’agence comptable du LP Arthur Rimbaud de Ribécourt. Ce dernier perd le Collège Abel Lefranc de Lassigny qui est rattaché à l’agence du Lycée Jean Calvin de Noyon ;
- Le Collège Guillaume Cale de Nanteuil Le Haudoin (mono agence) est rattaché à l’agence du LP Robert Desnos de Crépy en Valois ;
- Le Collège M. et G. Blin de Maignelay Montigny (mono agence) est rattaché au Lycée Jean Racine de Montdidier.
- Le Collège Marcelin Berthelot de Nogent sur Oise quitte l’agence du Lycée André Malraux de Montataire et est rattaché à celle du Lycée Marie Curie de Nogent, qui perd le Collège Anatole France de Montataire au profit de l’agence du Lycée André Malraux de Montataire.
Dans le département de la Somme : - 1 agence comptable
- Le Lycée Lamarck d’Albert perd la qualité d’agence comptable et est intégré, avec l’ensemble de ses établissements rattachés, à l’agence comptable du Lycée JB Delambre à Amiens. Cette dernière est donc complètement réorganisée comme suit.
Les EPLE qui composeraient l’agence comptable JB Delambre d’Amiens au 1er janvier 2009 : le LP Montaigne, le Collège César Franck pour Amiens, le Lycée + LP Lamarck, le Collège P. et M. Curie, le Collège Jean Moulin pour Albert, le Collège Edmée Jarlaud d’Acheux en Amiénois, le Collège Eugène Lefebvre de Corbie, le Collège Jules Verne de Rivery.
Le Collège Arthur Rimbaud d’Amiens intègrerait l’agence comptable du LP Romain Rolland d’Amiens, le Collège Auguste Janvier d’amiens intègre l’agence du LP Acheuléen d’Amiens, le Collège Jules Ferry de Conty celle du Lycée Robert de Luzarches d’Amiens.
3/ Nos commentaires
Disons le tout net : le SNASUB/FSU est résolumment opposé à l’objectif de la carte cible proposée. Oui, nous sommes opposés au doublement du nombre d’établissement rattachés par agence comptable, au quasi doublement de la masse financière de celles-ci.
D’autant plus, qu’à ce jour, aucun(e) collègue touché(e) (comptable ou non) n’a été informé(e) ou reçu(e) par l’autorité académique préalablement à la communication du projet lors du dernier groupe « métier ».
Pourquoi sommes-nous contre ce projet de carte cible ?
Pour au moins quatre raisons :
1 Parce que bien loin de sécuriser les pratiques professionnelles, cette réorganisation aura surtout pour conséquence de spécialiser toujours plus les agents comptables sur les missions comptables alors que ce n’est qu’une partie de leur travail. Quid de la gestion matérielle ? Compte tenu des impératifs de sécurité liés au fonctionnement quotidien de l’EPLE, n’est-ce pas prendre un risque important de (sur)charger la barque du côté comptable ? En quoi le surdimensionnement de l’existant (cf le doublement des masses financières) impliquera-t’il une meilleure sécurité professionnelle ? Grace à de meilleures dotations en personnels dans les agences comptables ? Rappelons au passage qu’à ce stade des opérations, la mission (ou emploi ?) de « fondé de pouvoir » censée assister le « super » agent comptable n’a aucune définition statutaire ou fonctionnelle, ni aucune réalité indemnitaire.
2
Parce qu’il participe à l’application des consignes ministérielles en matière de mutualisation de services (cf la note ministérielle n°2008-110 du 22 août 2008) et présente donc un risque pour les emplois administratifs. En effet, comment ne pas penser une seule seconde que l’effort actuel en matière de remembrement comptable n’a aucun rapport avec la « rationnalisation » (comprenez destruction ou suppression) des emplois de l’administration de l’éducation nationale. Certes, le budget 2009 ne devrait voir aucune suppression de postes administratifs dans les EPLE contrairement aux services académiques (-500 prévus dans le projet de loi de finances 2009, -11 pour notre académie). Cela dit, au nom de réorganisations futures ou internes, nous savons qu’il n’est pas absolument indispensable qu’un ministre notifie à un recteur des retraits pour que celui-ci diminue le nombre des emplois réellement implantés et pourvus (à fortiori en régime LOLF). En ces temps de RGPP, chaque projet de réorganisation peut cacher des intentions fort éloignées d’objectifs d’amélioration du service public ou des conditions de travail. Rappelons que ce gouvernement prévoit de supprimer 160.000 postes de fonctionnaires d’Etat d’ici 2012.
3
Parce que le grossissement sans limite des agences comptables en même temps que la diminution de leur nombre augmente considérablement le risque d’ l’externalisation. Il sera en effet plus simple, pour bien des raisons, de reconcentrer ces missions sur quelques EPLE avant de les externaliser : vers les TG par exemple.
4 Parce que ce projet va accélérer de fait les transferts d’emplois. Compte tenu des difficultés de reclassement des personnels titulaires en cas de transfert d’emplois (dans le cadre des mesures de carte scolaire par exemple) la concentration des postes administratifs dans quelques grosses agglomérations de l’académie n’augure rien de bon pour les collègues concernés qui résident dans les zônes à dominante rurale. Si on regarde la physionomie des départements qui composent notre région, le problème du reclassement géographique est posé. A fortiori celui de l’aménagement du territoire et de l’implantation des emplois utiles au bon fonctionnement des services publics de l’Etat.
4/ Nos propositions d’actions

La carte comptable cible devrait être soumise à l’avis des représentants du personnel lors d’un comité technique paritaire académique au début de l’année 2009. Il nous semblerait d’ailleurs opportun que ce projet fasse l’objet d’une discussion lors du CTPA relatif à l’emploi IATOSS, au mois de février, plutôt que d’être inséré dans une réunion relative aux postes enseignants dans le 1er ou le 2nd degré pour la rentrée 2009.
En effet, nous sommes très impatients de connaître les transferts d’emplois relatifs à la réorganisation envisagée pour la rentrée prochaine
. Cela nous sera-t-il communiqué lors du traditionnel groupe de travail concernant l’emploi IATOSS, groupe de travail réuni chaque année au mois de février ?
En tout état de cause, le SNASUB/FSU Amiens n’a pas l’intention de laisser ce projet rectoral devenir réalité sans réagir. Si nous voulons préserver nos emplois, si nous voulons conserver les missions comptables au plus près de l’acte éducatif et contribuer ainsi au bon fonctionnement des EPLE, il va nous falloir réagir, et même plutôt vite.
Nous proposons d’organiser dans les premiers jours de janvier, en tout cas avant le CTPA devant traiter de cette question, une réunion d’information syndicale dans chacun des départements, destinée aux personnels administratifs exerçant en EPLE, personnels de secrétariats, d’intendance ou d’agences comptables. Compte tenu du fait que les chefs d’établissements ont la compétence réglementaire d’organiser leurs services comme ils le souhaitent (certes après concertation), il nous semble important que cette réunion soit ouverte à l’ensemble des personnels exerçant en EPLE.
De ces réunions doit ressortir une position de refus du projet de carte cible, refus que nous exposerons lors de la séance du CTPA. Rappelons que la FSU (dont le SNASUB, représenté par son secrétaire académique) y dispose de 6 représentants, l’UNSA 3 et FO 1, la parité administrative étant composée de 10 représentants.
Nous proposons que ces réunions départementales soient organisées dans un cadre d’unité syndicale avec les collègues d’A&I/UNSA : l’union fait la force.
Joël Dumont, agent comptable et représentant du SNASUB/FSU Amiens
au groupe de travail « métier »,
Philippe Lalouette, secrétaire académique du SNASUB/FSU Amiens
Amiens, le 12 décembre 2008
Philippe Lalouette, secrétaire académique du SNASUB/FSU Amiens,
Luc Bouvet, secrétaire académique d'A&I/UNSA Amiens.
Cher-e-s collègue-s,
Vous trouverez ci-dessous un rapide texte précisant les choses suite à la communication de la note rectorale en date du 3 décembre 2008, note relative à la refonte de la carte comptable des EPLE.
Nous tenions à préciser la position de nos représentants et de nos organisations respectives compte tenu de la formulation du texte rectoral "...présenté pour validation au groupe de travail..." en page 2.
Nous écrivons d'ailleurs au recteur pour lui communiquer officiellement cette position quant à la validation du projet de carte cible.
" Les représentants des organisations syndicales A&I / UNSA et SNASUB / FSU au groupe de travail sur la refonte de la carte comptable précisent qu’aucun d’entre eux n’a validé formellement le projet de nouvelle carte comptable académique et rappellent leur opposition à la carte cible.
A&I / UNSA et le SNASUB / FSU appellent les personnels à participer aux réunions d’information unitaire qui se dérouleront en janvier sur les dangers du projet rectoral et à se mobiliser avec l’ensemble de la communauté éducative pour que ce projet n’aboutisse pas ".
Vous pouvez consulter, département par département,
la carte comptable théorique pour l’académie en cliquant sur les
images ci-dessous, ainsi que la synthèse faite par la Division des Affaires Juridiques et du Conseil aux EPLE
ci-contre

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| Motion
sur les agences comptables votée par la CAN du Snasub/Fsu - septembre 2008
Après la publication de la note de service 2008-110 du 22/08/ 2008, l’ensemble des académies est confrontée à une offensive des autorités rectorales destinée à diffuser l’idée d’une nécessité inéluctable d’augmentation très forte du nombre d’EPLE par agence comptable.
Ceci intervient alors que la politique gouvernementale comporte comme volet stratégique le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et de dizaines de milliers de suppressions de postes.
Pourtant cette réforme nous est présentée comme un gage de « sécurité » pour la bonne tenue des comptabilités des EPLE avec l’affectation de personnels supplémentaires.
Ceci ne masquera pas la réalité de la dégradation des conditions de travail des personnels administratifs en EPLE.
Ainsi, qu’ils soient gestionnaires, non-gestionnaires ou comptables, tous auront à subir à la fois l’éloignement croissant des agences comptables et le manque de personnel lié aux suppressions de postes, l’objectif de gains de productivité étant clairement affiché.
S’il peut s’avérer utile de donner une cohérence accrue aux réseaux comptables et d’engager une réflexion concertée à propos des fonctions de gestion, la seule entrée des suppressions de postes n’est ni saine ni viable à long terme.
S ‘agissant des modifications indemnitaires qui découleraient de cette réforme, les annonces faites aujourd’hui ne laissent présager ni la reconnaissance des missions ni une juste répartition. Le déplafonnement des indemnités comptables n’étant destiné qu’à accompagner l’accroissement du nombre d’EPLE par agence-comptable . |