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Compte-rendu du groupe de
travail sur le dispositif ECLAIR du mardi 8 mars 2011
Ce groupe de
travail était présidé par M. Guidet, secrétaire général de l’académie
d’Amiens, et avait pour objet de présenter aux organisations syndicales
les nouvelles dispositions de gestion des personnels liée à
l’application du dispositif ECLAIR (Ecoles Collèges et Lycées pour
l’Ambition, l'Innovation et la Réussite) dans notre académie.
Le dispositif
CLAIR, expérimental pour l’année scolaire 2010-2011, concerne 105
collèges et lycées de France, dont 11 dans notre académie. Le Ministère
de l’Education nationale (MEN) a décidé en janvier dernier
l’élargissement de CLAIR à ECLAIR, intégrant 1700 écoles et 95 collèges
et lycées supplémentaires à ce dispositif. M. Mucchielli, recteur de
l’académie d’Amiens, a demandé au MEN l’élargissement d’ECLAIR à tous
les collèges et écoles des RAR. La labellisation RAR est destinée à
disparaître dans notre académie.
Tous les postes
des personnels enseignants, d’éducation, administratifs, sociaux et de
santé des établissements ECLAIR vont être progressivement profilés. Les
chefs d’établissement doivent remplir des fiches de postes pour tous les
postes actuellement vacants. Ces fiches présenteront le projet
d’établissement et les spécificités des politiques éducatives de chaque
établissement. Elles seront publiées sur le site des établissements
ECLAIR fin mars.
Au fur et à
mesure des mutations ou des départs à la retraite des collègues, le
profilage des postes se poursuivra.
Aucune école
n’étant à ce jour dans le dispositif, les secrétariats d’IEN ne
devraient pas être concernés par le profilage des postes à la rentrée
2011.
Dans le cadre de
la préparation de la rentrée 2011, tous les postes à pourvoir dans les
établissements ECLAIR deviennent des postes spécifiques académiques. Les
affectations sur ces postes ne seront plus étudiées en CAPA et ne
respecteront plus un barème transparent et équitable.
Le collègue qui
souhaite être affecté sur un de ces postes doit participer au mouvement
intra-académique et formuler des vœux sur AMIA. Les vœux en ECLAIR d’un
collègue sont prioritaires sur tous ses autres vœux. Le collègue doit
adresser un curriculum vitae et une lettre de motivation au chef
d’établissement qui procèdera à un entretien de recrutement et émettra
un avis pour la mi-mai. Si plusieurs personnes candidatent sur le même
poste, le chef d’établissement classera les candidatures.
Le recteur
prononcera les affectations mi-juin.
Lors des phases
d’ajustement du mouvement début juillet et fin août, les postes vacants
en ECLAIR seront pourvus par des contractuels ou des promus aux
concours; toujours après entretien de recrutement et avis favorable des
chefs d’établissement.
Cerise sur le
gâteau, les postes profilés seront des postes protégés. En cas de
suppression de poste dans un établissement ECLAIR, le collègue recruté
sur un poste à profil sera épargné même s’il n’a qu’une année
d’ancienneté dans le poste. C’est le collègue présent depuis X années,
bien avant le profilage et l’invention d’ECLAIR, qui devra partir et
subir la mesure de carte scolaire. Incohérence absolue d’un dispositif
cherchant soi-disant à assurer la stabilité des équipes pédagogiques et
qui fait partir les collègues les plus expérimentés ! C’est aussi la fin
de la règle du dernier arrivé en cas de suppression de poste.
L’administration
espère ainsi lutter contre le turn-over important des personnels que
connaîtraient les établissements difficiles.
Pour les
enseignants, des bonifications permettant d’obtenir sa mutation après 5
ou 8 ans en ECLAIR vont être attribuées, de même que des points
supplémentaires pour atteindre la hors-classe. Pour les personnels
administratifs, le rectorat n’a pas encore réfléchi à un dispositif
analogue.
Tous les
personnels travaillant en ECLAIR toucheront de la NBI. Cette NBI sera
cumulable avec l’avantage spécifique d’ancienneté lié à l’exercice en
zone de prévention de la violence.
Concernant la
« lettre de mission individualisée » que chaque agent devra signer pour
trois ans, l’administration a déclaré que la non-tenue des objectifs
assignés ne pourra pas provoquer de mutation forcée. Nous avons à ce
propos rappelé que l’engagement à rester cinq ans minimum dans un
établissement ECLAIR n’a aucune valeur statutaire. Le droit à mutation
est annuel.
Concernant les
cités scolaires et la situation des collègues qui sont affectés sur un
LEGT ou un LP mais travaillent au quotidien pour les élèves des deux
établissements, M. Guidet a déclaré qui seule prévaudrait l’affectation
administrative pour l’attribution de la NBI. Les personnels
administratifs, sociaux et de santé apprécieront cette absence de
reconnaissance de leur travail.
Avec ECLAIR, le
MEN déclare vouloir stabiliser les équipes dans les établissements
difficiles. Or, la situation des personnels enseignants dont le
recrutement national expédie de nombreux méridionaux dans nos froides
contrées n’a rien à voir avec la situation des personnels
administratifs, souvent logés en EPLE et dont le recrutement, hors IRA,
est académique.
L’ensemble des
organisations syndicales présentent (FSU, UNSA, FO, SGEN-CFDT, SNALC) a
exprimé son refus d’ECLAIR. En remplaçant les opérations de mouvement
par des opérations de recrutement avec droit de veto des chefs
d’établissement, le dispositif ECLAIR est mauvais pour les personnels.
En concentrant les personnels les moins formés et les plus précaires
pour enseigner aux élèves les plus en difficultés, le dispositif ECLAIR
va renforcer la ghettoïsation d’établissements qui sont déjà
stigmatisés.
Le dispositif
ECLAIR doit être abandonné au profit d’une vraie politique d’éducation
prioritaire.
Le SNASUB/FSU AMIENS
Le compte-rendu au format.pdf
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